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Interactions médicamenteuses :
de quoi parle-t-on ?

Interactions médicamenteuses : de quoi parle-t-on ?

Quand un médicament modifie l’effet d’un autre médicament, on parle d’interaction médicamenteuse. Ces interactions entre médicaments sont parfois des « liaisons dangereuses »… Quelles peuvent être leurs conséquences ? Comment éviter les effets inattendus ?

Effets indépendants

Les effets de deux ou plusieurs médicaments peuvent être indépendants l’un de l'autre tout en étant complémentaires. Par exemple, pour traiter un abcès douloureux, le médecin va prescrire un antibiotique et un médicament anti-douleur (antalgique). L’antalgique ne va pas modifier les effets de l’antibiotique, et réciproquement.

Interactions médicamenteuses

On parle d’interaction médicamenteuse quand un médicament modifie l’effet d’un autre médicament, soit en augmentant ou diminuant son efficacité, soit en augmentant ou diminuant ses effets indésirables.

Les interactions médicamenteuses sont généralement connues et prévisibles. Elles peuvent entraîner des effets de gravité variable, allant d’une simple modification d’une analyse biologique sans répercussion clinique, à des effets toxiques graves voire mortels.

Les personnes âgées et les patients ayant un foie ou un rein qui fonctionne mal, sont plus à risque de présenter des effets toxiques liés à une interaction médicamenteuse.

Il existe également pour certains médicaments des interactions avec des plantes, avec des aliments et des boissons (par exemple le lait, le jus de pamplemousse, l’alcool).

Quatre niveaux de contrainte pour les interactions médicamenteuses

On distingue 4 niveaux de risque : la contre-indication, l’association déconseillée, la précaution d’emploi et enfin l’interaction médicamenteuse « à prendre en compte ».

  1. L’association contre-indiquée : elle revêt un caractère absolu et ne doit en aucun cas être transgressée.
  2. L’association déconseillée : elle doit être le plus souvent évitée, sauf après examen approfondi du rapport bénéfice/risque. Elle impose une surveillance étroite par le médecin.
  3. L’association avec précaution d'emploi : c’est le cas le plus fréquent. L’association est possible à la condition que des recommandations simples soient respectées, notamment au début de traitement. Ces recommandations permettent d'éviter la survenue de l'interaction. Il peut notamment s’agir d’une adaptation de la dose ou d’un renforcement de la surveillance par le médecin.
  4. L'association à prendre en compte : le risque correspond le plus souvent à une addition d'effets indésirables. Il revient alors à votre médecin d’évaluer l’intérêt de cette association éventuelle.

Redoublez d’attention si vous prenez un médicament sans ordonnance

Comme tous les médicaments, ils sont accompagnés d’une notice apportant des informations sur les interactions médicamenteuses. Cependant si vous utilisez un traitement en automédication alors que vous prenez déjà d’autres médicaments, vous devez absolument demander conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Références

  1. Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS). Toujours lire la notice de votre médicament. 2007. http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/fd6f9db222b33b8800cfce899bd690fb.pdf (consulté le 15 octobre 2015).
  2. Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Interactions médicamenteuses.
    http://ansm.sante.fr/Dossiers/Interactions-medicamenteuses/Interactions-medicamenteuses/%28offset%29/0 (consulté le 15 octobre 2015).
  3. Pharmacorama. Interactions médicamenteuses. http://www.pharmacorama.com/Rubriques/Output/Caracteristiques_generalesa3.ph (consulté le 15 octobre 2015).
  4. Weiler S, Kullak-Ublick GA, Jetter A. Interactions médicamenteuses indésirables. Forum Med Suisse 2015;15:152-6.